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Tester les condensateurs

Cela pourrait sembler étrange au néophyte, mais il est plus compliqué de tester un condensateur qu’une bobine d’allumage ! En effet, ces diables de condos peuvent défaillir de plusieurs façons, totalement ou partiellement, rendant le diagnostic comparable à un chemin de croix !

Il y a essentiellement trois paramètres à vérifier sur un condensateur d’allumage. Les trois mesures associées sont nécessaires et suffisantes, entendez par là que les trois tests doivent être positifs pour garantir un bon fonctionnement des condensateurs dans les allumages. J’ai dans ma boite à RIP des condensateurs qui ne satisfont que deux conditions sur trois, et je vous garantis qu’ils sont problématiques dans des allumages !

Ces fameux trois paramètres sont :

  • La capacité du condensateur, souvent exprimée en micro-Farad (µF) ou nano-Farad (nF), gage d’une durée d’étincelle suffisante lors de l’allumage ;
  • L’absence de fuite sous haute tension… sans quoi l’accumulation d’énergie au primaire qui rend possible la montée en très haute tension au secondaire est impossible ;
  • L’absence de variation de sa résistance série équivalent (ESR) sous sollicitations mécaniques (plus que la valeur intrinsèque de cet ESR), qui garantit sa capacité à effectuer correctement le boulot chaque cycle d’allumage (le tout vibrant fortement dans un moteur à combustion en fonctionnement).

Bien entendu, pour tester ces trois paramètres, il faut trois outils différents.

Notez que devant la difficulté de mesure de la variation d’ESR sous sollicitation mécanique, nombre de constructeurs ont opté pour des mesures voisines, voire des substituts purs et simples comme des temps de charge et autres artifices. L’idée n’est pas ici de polémiquer sur ce point, mais de savoir quoi mesurer à minima et pour quelle raison.

Dernière mise à jour: 23 mai 2025

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Mesure de la capacité :

Cette mesure peut sembler simple de nos jours, équipés comme nous le sommes de micro-processeurs capables de compter facilement le temps écoulé, mais lorsqu’on regarde la situation dans les années 50-60 il en est une autre paire de manches. En ce temps-là, point de micro-processeur ni même de NE555 pour battre la mesure. C’est pourquoi nombre d’appareils anciens utilisent un pont de Sauty pour mesurer la capacité des condensateurs. Cette mesure repose sur une capacité étalon intrinsèque à l’appareil et qui a bien souvent mal traversé les décennies et doit être remplacée pour redonner un peu de précision à la mesure.

Exemple du câblage du pont de Sauty sur le Bermascope D53M avec sa capacité étalon C8

 

Les appareils plus récents utilisent une base de temps pour mesurer la capacité en exploitant un calcul basé sur le franchissement de seuils et la décroissance exponentielle d’une tension appliquée aux bornes du condensateur à tester. Cette méthode a le mérite de ne pas bouger dans le temps.

C peut être calculé après mesure du temps écoulé par la formule de la décharge exponentielle du condensateur

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Mesure de fuite :

Cette mesure peut être effectuée sous différentes tensions de service. Cependant, plus la tension est élevée, et plus fiable sera le résultat. Dans le principe, on soumet le condensateur à une tension à ses bornes et on vérifie qu’il ne laisse pas passer de courant au-delà d’un seuil acceptable. Si c'est la cas, on averti l'opérateur via une lampe (néon, œil magique…).

Là et sans nul doute, les appareils anciens ont un avantage sérieux sur les matériels plus récents : comme ils exploitent nativement des tensions élevées de plusieurs centaines de volts pour faire fonctionner la technologie à base de lampes, ces mêmes tensions peuvent être utilisées pour tester les fuites des condensateurs. On veillera juste à vérifier que les circuits d’évaluation des fuites n’ont pas dérivés dans le temps sous l’effet du vieillissement des condensateurs et/ou des résistances agglomérées au carbones (technologie des années 50-60 qui vieillit mal aussi !).

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Mesure de l’ESR :

Sans nul doute la mesure la plus compliquée à réaliser, tant et si bien que peu d’appareils la propose… et que la mesure effectuée est aussi parfois discutable !

Encore une fois grâce aux micro-processeurs dont nous disposons, cette mesure peut aujourd’hui et avec quelques efforts être mise en œuvre pour évaluer les variations de cet ESR sous contrainte mécanique des bornes du condensateur.

Les appareils anciens qui proposent cette mesure se contentent généralement d’une mesure de la valeur de l’ESR (par variation de tension induite aux bornes, voire des mesures de temps de décharge sur des appareils plus modernes). Si elle dépasse un certain seuil, le condensateur est déclaré mort.

Cependant, la valeur seule n’est pas une indication suffisante et c’est surtout sa variation sous contraintes qui est intéressante : elle renseigne sur l’absence de dégradation des composants internes du condensateur, qui peuvent lors de l’usage vous donner une étincelle manquante de temps à autre (à cause des vibrations du moteurs qui induisent des efforts variables sur les bornes du condensateur).

Cette mesure est généralement mal comprise et rarement effectuée… et explique une bonne partie des cas mystérieux de pannes non détectées par les mesures précédentes de capacité et de fuite.

 

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