
Les anciens avaient bien compris que le seul moyen efficace de tester des bobines d’allumages était de les placer en condition de fonctionnement et de vérifier qu’elles délivraient une étincelle régulière et d’une intensité suffisante pour enflammer le mélange dans la chambre de combustion.
Aujourd’hui et malgré la pluralité des technologies disponibles dans nos ateliers (je ne citerai comme exemple que le multimètre que certains utilisent pour faire ces contrôles…), le seul moyen qui garantisse un résultat viable reste la mise en condition de service de la bobine. En effet, la mise sous stress électrique du primaire et du secondaire des bobines d’allumages est le seul moyen de révéler des défauts d’isolation potentiellement présents dans les enroulements, qui plus est parfois seulement détectables une fois que la bobine a atteint sa température de service. Gardez à l’esprit que les tensions montent à plus de 200 volts au primaire et à des échelles de 15000 volts au secondaire au point de rupture !
Toute autre mesure vous donnera peut-être satisfaction dans certains cas évident comme la coupure franche d’un enroulement, mais tôt ou tard laissera passer une bobine défectueuse vous garantissant des heures de recherche du défaut (que vous irez chercher ailleurs vu que vous avez tester la bobine comme étant bonne pour le service 😉 ).
Les constructeurs de machines de tests ont essayé de répondre à cette question des conditions de test avec les outils disponibles de chaque époque. Des lampes des premiers appareils de chez Marbon, AEE ou encore Bermascope pour ne citer qu’eux à l’électronique moderne d’une valise METALTRONIC, tous ont dû satisfaire deux conditions :
- Créer une rupture de courant dans le primaire pour déclencher une très forte élévation de tension au secondaire,
- Simuler la pression de l’émulsion air-essence(-huile) régnant dans le cylindre capable de souffler une étincelle faiblarde que l’on donnerait volontiers comme suffisante à pression ambiante !
Le second point a été résolu par tous d’une seule et même manière : un éclateur qui permet de faire varier la distance entre électrode et masse, simulant une élévation de pression grâce à la loi de Paschen ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Paschen ). Autrement dit, le produit [distance x pression] peut être assimilé à une constante… en faisant varier la distance dans l’éclateur, on simule aisément la pression 😉.
La question de la création d’une tension au primaire et de la coupure franche du courant a elle fait l’objet d’autant de solutions qu’il y a eu de constructeurs ou presque ! Très dépendante des technologies disponibles, sa mise en œuvre a été réalisé via de nombreux choix technologiques que je vous propose d’explorer succinctement dans les paragraphes qui suivront au fur et mesure des mises à jour de cette page. Le rythme sera dicté par mes expérimentations et le temps nécessaire à passer sur les appareils dont je dispose. Ce voyage est passionnant, aussi revenez de temps à autre si la curiosité vous a vous aussi piquée 😉
Dernière mise à jour: 22 mai 2025
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Pour débuter l’exploration des techniques suscitées, voici ci-dessous à quoi ressemble la tension de la bobine d’éclairage d’un Solex (courbe en bleu, circuit ouvert)… et dîtes vous bien que c’est un clone de ce qui se passe au primaire de la bobine d’allumage en dehors des événements liés à l’ouverture du rupteur.
Vous conviendrez sans soucis je pense que la sinusoïde théorique des bouquins est loin, mais alors trèèèèèès loin de cette réalité 😉
Il en serait de même sur d’autres cyclomoteurs, mais cette simple illustration devrait vous plonger dans l’expectative: comment dupliquer dans une valise de test un tel signal pour exciter une bobine d’allumage?
C’est bien entendu illusoire, et on devine tout de suite que chaque constructeur y est allé de son artifice pour reproduire à sa manière des conditions électriques de tests suffisamment proches pour que cela fonctionne, mais aussi très éloignée pour ne conserver que la partie utile du signal.
C’est ce voyage que je vous propose dans les mise à jour de cette page qui suivront 😉
