Institut Gériatrique des Bermascopes Le site des contrôleurs d'allumages pour les anciennes

Restauration IE70 – Episode 1

Arrivé il y a quelques semaines déjà, ce massif IE70 n’a plus toute sa jeunesse. De plus, je n’ai pas pu trouver de schéma des entailles du monstre sur le Web… Il va falloir que quelqu’un s’y colle, ce qui va me permettre de faire une pièce deux coups 😉

A comparer aux plus conventionnelles séries D53 et autres M73, la machine est vraiment massive et sa manipulation sur mon trop petit plan de travail n’est pas des plus aisé (oui je sais, il faudrait aussi que je range pour faire de la place!). Mais ce n’est pas ce qui va m’arrêter en ce printemps… et c’est parti pour une séance de mécanique.

Heureusement, Bermascope a bien fait les choses et l’accès aux tripes internes de la machine n’est pas trop compliqué: la plaque inférieure s’enlève moyennent quelques vis, tout comme la façade munie de ses organes de commande et le panneau arrière.

On remarque immédiatement que dans la gamme Bermascope on atteint ici un sommet en terme de complexité de circuit (seul l’IE75 rivalise peut-être, mais je n’en ai aucun à ausculter 😉 ). L’avènement du silicium a dû donner des ailes aux concepteurs qui ont réaliser leurs rêves dans cette machine, allant jusqu’à rétro-éclairer le dos du mode d’emploi en fonction des tests sélectionnés sur le pupitre, comme l’atteste ce câblage loin du moderne multiplexage actuel pour animer quelques ampoules.

Autant l’accès est rapide et facile, autant le démontage complet est une autre paire de manches! Mais pas le choix, car pour espérer faire un repérage correct et avec un minimum d’erreurs il faut accéder aux moindres recoins des circuits.

Après quelques contorsions (et l’utilisations des découpes de tôles judicieusement disposées) ainsi que le dessoudage des nappes qui relient entre eux les différents sous-ensembles de la machine, on arrive à ça!

Dessoudage des nappes
Et woulà 😉

Comme on est là pour relever le schéma de l’appareil , il faut aller encore un peu plus loin et démonter le circuit imprimé d’époque afin de pouvoir en relever le tracé. Là c’est franchement plus délicat, car il sort des fils de partout depuis la face inférieure en direction de la sous-station… et puis il y a cette étrange épissure (dans le cercle rouge ci-dessous) qui trahit une modification peut-être postérieure au travail d’assemblage initial en usine (on y reviendra plus tard!).

Après avoir joué du fer à souder et repéré les destinations des différentes liaisons, le circuit est extrait et prêt pour le repérage qui s’impose.

_____________________

Et c’est l’heure du bilan suite à ce démontage qui m’a permis de faire les observations d’usages et d’identifier les premiers éléments à rectifier pour remettre l’appareil en service.

Tout d’abord, on notera que le transformateur secteur a été changé, l’ancien ayant probablement rendu l’âme comme en témoignent les traces de brûlé sur le châssis, et les soudures pas très propres de raccordement qui jurent franchement avec le soin apporté au reste de l’appareil!

Soit il était défectueux, soit il a lâché à cause d’un circuit aval qui en demandait trop…

Ensuite, ce montage « en l’air » est encore une fois assez étrange pour une machine à la conception aussi soignée. Soit il y a eut un raté en usine modifié sur la ligne d’assemblage après confection du PCB, soit c’est une modification ultérieure, œuvre d’un passionné… L’analyse des schémas nous aidera peut-être à y voir clair!

Toujours sur le circuit imprimé, cette vilaine soudure n’est pas digne du reste de l’assemblage… Ce condensateur aurait-il été changé suite à défection, et surtout pourquoi (défaut en aval?)

Dans la sous-station, ce gros condensateur de bonne facture est étrangement raccordé à la masse par simple pincement mécanique… Il a probablement été changé et était autrefois soudé au châssis (plot visible, entouré en rouge)

Cet autre condensateur de filtrage haute tension est étrangement orphelin alors qu’un second emplacement est présent… Où alors on a utilisé le stock de pièces disponibles?

Toujours au même endroit, cette épissure soudée et ce fil brut et en l’air non raccordé font clairement pensé à une opération de modification/réparation pas très aboutie et surtout très dangereuse pour l’utilisateur…

_______________

Voilà, c’est tout pour ce premier long épisode… Mais on voit clairement que la vie de ce genre d’appareil haut de gamme est rarement un long fleuve tranquille (l’investissement initial important justifie la maintenance dans le temps!), et qu’une remise en service attentive et soignée est nécessaire si on veut obtenir un résultat pertinent (i.e. ne pas mesurer n’importe quoi!) en toute sécurité 😉